A lire ailleurs...

Retraites : pour un choc de répartition

Attac -
Les précédentes réformes de retraite ont eu des effets catastrophiques, qui n’ont pas fini de se faire sentir. Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a calculé que si les réformes de 1993, 2003 et 2008 s’étaient appliquées aux affiliés de la CNAV et de la MSA-salariés de la génération 1938, ceux-ci auraient eu des pensions de base réduites de 28 % en moyenne lors de la liquidation, et de 35 % sur l’ensemble de leur période de retraite.   Comme précédemment, l’argument « on vit plus vieux, il faut travailler plus longtemps » est invoqué, et il semble de bon sens. Notons pourtant que l’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui et que, par le passé, le partage de la richesse produite a permis qu’elle s’accompagne de la diminution du temps passé au travail et d’une amélioration globale du niveau de vie. Mais surtout, vouloir augmenter la durée de cotisation relève d’une double hypocrisie.   Hypocrisie quand on sait qu’une grande partie des salarié-es (plus de la moitié pour la génération 1942) est déjà hors emploi au moment de liquider leur retraite. Repousser encore ce moment revient simplement à prolonger cette période hors emploi, qui peut être de chômage, de pré-retraite, en tout cas de précarité, et donc à enfermer dans les minimas sociaux en attendant de pouvoir toucher une pension. Augmenter la durée de cotisation revient au final à faire baisser le montant des pensions sans oser le dire. Hypocrisie encore car vouloir faire travailler les salariés plus longtemps dans le contexte actuel de chômage revient aussi à rompre le contrat entre les générations. Car la solidarité intergénérationnelle a deux faces. Les actifs paient les pensions des retraités, et les salariés âgés se retirent de l’emploi pendant que les nouvelles générations y accèdent. Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes et celui des seniors, plutôt que payer des retraites. Ainsi, depuis le recul de l’âge de départ de 60 à 62 ans, on constate bien une hausse du taux d’activité de 15 % entre 2010 et 2012 pour la tranche d’âge de 55 à 64 ans… accompagné d’une augmentation de plus d’un tiers de la part des chômeurs dans cette tranche d’âge ! Tandis que les jeunes font les frais du maintien forcé en emploi des seniors : leur taux de chômage dépasse 26%, l’écart de taux de chômage entre les moins de 25 ans et l’ensemble des actifs atteint un record.   Enfin, ce qui est important est moins l’espérance de vie que l’espérance de vie en bonne santé, et toutes les années de retraites ne sont donc pas équivalentes. Prolonger la durée d’activité, alors même que la souffrance au travail se développe et que de nouvelles pathologies apparaissent, obère le temps dont les salariés disposent pour jouir réellement des meilleures années de retraite.   L’objectif annoncé pour la nouvelle « réforme » est de combler un déficit des régimes de retraites plus important que prévu, qui serait d’environ 20 milliards en 2020. Il y a d’abord là un élément paradoxal. Car l’aggravation du déficit est la conséquence directe des politiques d’austérité qui jettent la France et l’Europe dans une spirale récessive et entrainent une montée du chômage… et donc des déficits. Dans son rapport de décembre 2012, le Conseil d’orientation des retraites explique ainsi « la dégradation beaucoup plus rapide que prévu des comptes des régimes de retraite du fait de la chute des recettes liée à la crise ». Le rapport Moreau fait le même constat. Pourtant, ce qu’il propose est de réduire encore les dépenses en faisant porter l’essentiel de l’effort sur les salarié-es et les retraité-es, qui n’ont aucune responsabilité dans la crise. Difficile de considérer qu’un montant de 20 milliards d’euros constituerait un déficit insoutenable des caisses de retraite, lorsque la même somme est attribuée sans contrepartie aux entreprises via le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ! En finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail et une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique permettraient déjà de résoudre une bonne partie du problème.   La part des retraité-es augmentant dans la population, il est nécessaire, à moins de vouloir les appauvrir, d’accompagner cette évolution en attribuant aux pensions une part plus grande de la richesse créée. Il est ainsi possible de relever progressivement les cotisations patronales en baissant en parallèle les dividendes versés aux actionnaires (cette part est en effet passée en trente ans de 3 % à 9 % de la valeur ajoutée brute des sociétés non financières, sans aucune justification économique). L’investissement productif ne serait ainsi pas touché et cette mesure n’aurait pas d’impact sur les prix. La sacro-sainte compétitivité des entreprises serait donc épargnée. Le rapport du COR de décembre 2012 indique que l’augmentation du taux de cotisation pour équilibrer le système de retraites est de l’ordre de 2 % en 2020. Rien d’inaccessible. Mais il est vrai, et c’est là que le bât blesse, cela suppose un « choc de répartition » et non un choc de compétitivité.   Une voie supplémentaire pour améliorer le financement des retraites, systématiquement négligée, est celle de l’activité des femmes. Le taux d’activité des femmes est sensiblement inférieur à celui des hommes (84,2 % contre 94,8 % dans la tranche des 25-49 ans en 2010). De nombreuses femmes souhaiteraient travailler professionnellement mais y renoncent, ou se contentent d’un emploi à temps partiel, par manque de solution pour l’accueil des enfants. Il y a donc de larges marges de progrès pour réaliser l’égalité. Si l’activité des femmes rejoignait celle des hommes, l’effectif de population active serait supérieur d’environ 5 % (4.8 % en 2020, 4.9 % en 2030) à celui retenu par les projections actuelles. En première approximation, cette augmentation se traduirait, à taux égal de chômage, par un accroissement de même ampleur - près de 5 % - du volume de cotisations. À comparer donc au besoin pour 2020, chiffré à 2% par le COR ! Cet accroissement du taux d’activité des femmes serait d’autant mieux bienvenu que des besoins collectifs nombreux restent à satisfaire et que des activités utiles correspondantes pourraient être créées. De même, supprimer les inégalités salariales entre les femmes et les hommes permettrait d’augmenter très sensiblement les recettes de cotisations.   Bref, des solutions existent à condition de rompre avec les politiques actuelles et la logique d’un capitalisme financier prédateur. Les conditions préalables en sont un arrêt des politiques d'austérité et une action énergique en faveur de l'emploi par une reconversion industrielle écologique, la réduction du temps de travail, la formation, le développement des crèches, ... Les objectifs pour un système équitable et durable de retraite comportent le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, la revalorisation du minimum contributif au niveau du SMIC pour une carrière complète, la convergence de la durée de cotisation nécessaire pour une pension à taux plein avec la durée moyenne de vie active constatée, l’élimination des inégalités de pension entre les femmes et les hommes et la prise en compte effective de la pénibilité, sans oublier celle des métiers à prédominance féminine.   Les moyens à mettre en oeuvre pour financer ces objectifs sont un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits distribués, ces derniers (notamment les dividendes) étant soumis à cotisation ; une augmentation de l’activité des femmes en levant les obstacles qu’elles rencontrent, et la réalisation de l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes ; la suppression des allègements inutiles de cotisations sociales, ainsi que la majoration du taux de cotisation patronale sur l'emploi à temps partiel.  

Sur France 2, l'hommage de Télématin à la « ménagère »

Marketing en guise de célébration de la « Journée internationale de la femme ».

Revenus : la France des territoires extrêmes

2 300 euros de revenu médian annuel (hors prestations sociales) pour une personne dans le quartier Saint-Jacques de Perpignan contre 58 000 dans une partie du 7e arrondissement parisien. 25 fois plus. En matière de revenus, les moyennes cachent une forêt de disparités entre territoires. Au lieu de présenter un classement selon un échelon donné (région, département, etc.), nous avons regroupé les valeurs extrêmes selon différents types de territoire. On ne mesure pas ici ce qui sépare les plus pauvres et les plus riches d'un territoire défini, mais les écarts de revenu médian (celui pour lequel autant gagnent plus et autant gagnent moins) disons des classes intermédiaires de différents types de territoire...

Les régions sont des espaces importants en termes de population, qui donc « moyennisent ». Il n'en demeure pas moins que si l'on avait une échelle avec 300 barreaux, le niveau médian pour la France serait situé à 100, le Nord-Pas-de-Calais serait à 87 et l'Ile-de-France à 116 : 30 % séparent les deux territoires. Les écarts s'accroissent déjà nettement entre départements. La Seine-Saint-Denis se situe au niveau 80 contre 135 pour les Hauts-de-Seine : un revenu médian de 15 000 euros par an d'un côté, 25 000 euros de l'autre : 1,7 fois plus.

Au niveau des communes, les inégalités s'envolent. A Roubaix, le niveau de vie médian passe sous les 10 000 euros, contre près de 45 000 à Neuilly-sur-Seine. Les niveaux 51 et 237 de notre échelle. Au maximum, entre les quartiers [1], les écarts vont donc de 1 à 25. Les quartiers Saint-Jacques de Perpignan et Matisse de Calais seraient situés au niveau 12 et 13 de l'échelle, les quartiers Gros Caillou dans le 7e arrondissement de Paris et Saint-James à Neuilly-sur-Seine seraient tout en haut. 2 200 euros de revenus annuels pour vivre, contre 58 000 euros. Et encore, rappelons-le, il ne s'agit pas des plus aisés et des plus pauvres, mais des catégories intermédiaires du territoire...

Revenus annuels selon le type de territoire : les extrêmes
Revenus médians par personne
Unité : euros Revenu médian annuel
en eurosIndice
France18 749100RégionsNord-Pas-de-Calais16 36987Ile-de-France21 791116DépartementsSeine-Saint-Denis15 08180Hauts-de-Seine25 398135VillesRoubaix9 54051Neuilly-sur-Seine44 493237QuartiersCalais, Matisse Andrique2 53013Perpignan, Saint Jacques2 27312Paris, Gros Caillou (7e)58 381311Neuilly-sur-Seine, Saint-James56 619302Revenus avant impôts et prestations sociales.Source : Calculs Centre d'observation de la société, d'après Insee. Année des données : 2010, France métropolitaine

Extrait du Centre d'observation de la société.

[1] Les quartiers comprennent autour de 2 000 habitants en moyenne

Pauvreté et inégalités : des contrastes marqués entre territoires

Au sein des régions, les départements offrent des portraits très contrastés, c'est le cas par exemple en Picardie où l'Oise est plutôt favorisée, alors que l'Aisne l'est beaucoup moins. Au sein des départements, les villes et en particulier les quartiers des grandes agglomérations sont dans la même configuration. C'est le cas dans la région Centre (plutôt plus riche que la moyenne) où le quartier Saint-Jean de Châteauroux dispose d'un niveau de vie médian trois fois inférieur à celui de la région. L'Oise est un département favorisé, mais la ville de Creil est particulièrement marquée par la pauvreté. Enfin, villes et campagnes ne sont pas confrontées aux mêmes inégalités et aux mêmes formes de pauvreté, le monde rural étant moins touché par la crise actuelle, même si là aussi les contrastes y sont marqués.

L'Insee note les difficultés sociales particulières que rencontrent les quartiers dits de la « politique de la ville » dans une période de crise de l'emploi, mais que celles-ci débordent aussi dans des territoires non étiquetés comme en difficulté, comme c'est le cas par exemple dans l'agglomération caennaise. Au sein même des quartiers prioritaires, les écarts peuvent être importants.

Synthèses par région [1]

[2]

« La crise économique accroît les inégalités », indique une courte note de l'Insee Basse-Normandie (mai 2013). Le taux de pauvreté y est plus faible que la moyenne nationale, mais le niveau de vie médian augmente moins vite et la croissance des inégalités y est plus forte. Alors que le décile le plus faible a baissé de 0,5 % entre 2008 et 2010, le plus élevé a progressé de 2,8 %. L'Insee souligne que les niveaux de vie continuent à augmenter en milieu rural, alors que la diminution est très forte pour les plus pauvres vivant en ville (-5 % entre 2008 et 2010). « L'indicateur de croissance des inégalités explose », note l'Insee. Une étude sur les quartiers de la politique de la ville dans l'agglomération caennaise(décembre 2012) souligne que certains quartiers hors du zonage officiel d'intervention publique rencontrent des difficultés.

[3] Le taux de pauvreté est de 12,4 % (données 2010) en région Centre, l'un des plus bas des régions françaises, indique l'Insee Centre dans une courte note (mai 2013). L'Indre apparaît comme le département de la région où le taux de pauvreté est le plus élevé (14,7 %) alors que l'Eure-et-Loir est beaucoup mieux situé (11,3 %). Quand on y regarde de plus près, certains territoires connaissent une situation bien plus dégradée. Le revenu médian pour une personne est de 10 900 euros dans les quartiers de la politique de la ville de la région Centre, contre 18 400 euros pour l'ensemble du territoire, indique une étude sur ces 77 quartiers défavorisés (mai 2013) qui rassemblent 194 000 habitants soit 7,6 % de la population de la région. Le quart des quartiers les plus pauvres parmi les quartiers de la politique de la ville de la région sont, avec un revenu médian de 8 700 euros, parmi les plus démunis de France. Dans le quartier Saint-Jean à Châteauroux, le revenu médian s'élève à 6 500 euros, trois fois moins que la moyenne régionale. Les sept plus grands quartiers concentrent un tiers de la population des quartiers prioritaires. A Dreux, plus de la moitié de la population vit dans un quartier de la politique de la ville. L'Insee souligne que la crise frappe de façon différente les quartiers : certains s'appauvrissent (le Sanitas à Tours), d'autres voient leurs revenus augmenter, comme Plateau-Est à Dreux, notamment sous l'effet de programmes de réhabilitations.

[4] Les niveaux de vie des Picto-Charentais sont inférieurs à la moyenne nationale, souligne une étude de l'Insee Poitou-Charentes (mars 2013). La région se place au 16e rang sur 22 (données 2010). Mais les inégalités sont aussi moins importantes : le rapport interdécile se situe à 3,2 contre 3,5 en moyenne nationale, essentiellement parce que les 10 % les plus riches y ont un niveau de vie inférieur aux 10 % les plus riches du pays. Le taux de pauvreté au seuil de 60 %, 14,3 %, est légèrement supérieur à la moyenne nationale (14,1 %). C'est en Charente que la pauvreté est la plus forte (15,5 %) et dans les Deux-Sèvres (13,3 %) qu'il est le plus faible.

[5] L'Insee Midi-Pyrénées souligne la situation difficile des quartiers prioritaires, en particulier de 14 zones urbaines sensibles qui font l'objet « d'un grand décrochage », selon l'Insee (février 2013). L'Institut propose un tableau de bord de la précarité (avril 2013) et notamment des cartes de la précarité urbaine. Dans une étude antérieure, l'Insee avait montré l'importance des écarts à l'intérieur des villes-centres et en particulier à Toulouse (novembre 2011).

[6] La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est la quatrième région française par le niveau de pauvreté, qui touche 15,7 % de la population (donnée 2009 au seuil de 60 % publiées en juillet 2012). L'intensité de la pauvreté y est forte souligne l'Insee Paca : la moitié des personnes pauvres vivent avec 758 euros par mois (équivalent pour un individu seul), soit 200 euros de moins que le seuil de pauvreté. Un habitant sur cinq réside dans un quartier prioritaire contre un sur huit en France métropolitaine, selon une étude de décembre 2012. L'Insee note aussi les écarts entre quartiers de la politique de la ville : la région rassemble à la fois les quartiers parmi les plus pauvres du pays (au nord de Marseille notamment) et des quartiers de la politique de la ville beaucoup moins en difficulté.

[7] Dans un document de travail (juillet 2012), l'Insee-Auvergne dresse un état des lieux de la situation du territoire comparée au niveau national. La région est parmi les quatre plus pauvres selon le revenu médian. Le Puy-de-Dôme se situe autour de la moyenne nationale en matière de taux de pauvreté (12,7 %), mais le taux atteint 17 % dans le Cantal. Une pauvreté souvent rurale, liée à la présence de personnes âgées isolées. Comme le note l'Insee, l'Auvergne est la région où la pauvreté des personnes seules est la plus élevée. Dans le Cantal, le taux de pauvreté des 65 ans et plus atteint 19 %, contre 9,5 % en moyenne en France métropolitaine.

[8] La Picardie, elle aussi région pauvre, offre un visage différent, selon une note de l'Insee Picardie (juillet 2012). Les écarts y sont considérables entre l'Oise, avec un taux de pauvreté de 11,5 %, et l'Aisne, où celui-ci atteint 17,1 % (données 2009). La pauvreté se concentre dans les villes : les ménages ruraux disposent en moyenne de revenus supérieurs de 1 500 euros annuels à ceux des villes. Le taux de pauvreté est de 10,6 % dans les campagnes picardes, contre 17 % dans les villes.

[9] Un constat partagé par l'Insee Lorraine, qui note que la pauvreté se concentre dans les milieux urbains en Meurthe-et-Moselle (juillet 2012). La part des allocataires de la Caf à bas revenus est deux fois moins importante en milieu périurbain que dans les grandes villes ou dans l'espace rural. C'est autour de Nancy et de sa couronne que la part de bas revenus est la plus importante. Et le type d'habitat (maisons individuelles, logements sociaux, parc privé, etc.) joue un grand rôle : « La ségrégation s'effectue au niveau des logements. A chaque type de logement correspond un revenu de la population », écrit l'Insee Lorraine.

[10] L'Insee France Comté (mars 2013) propose des cartes illustrant les disparités de revenus dans les 15 plus grandes villes de la région qui permettent une lecture très fine des inégalités. Malheureusement sans commentaire. La région propose aussi une note sur les disparités sociales à Belfort et Montbéliard (décembre 2011).

Extrait du Centre d'observation de la société.

Pour aller plus loin :

Les premières estimations du Compas sur la pauvreté au niveau des communes, Compas études n°2, août 2012. D'autres études de l'Insee sur le même thème en Franche-Comté, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon et Bretagne.

[1] Cette liste n'est pas exhaustive. Nous ne citons que les principales et les plus récentes.

[2] Fonds cartographiques : BDCarto et BDAlti de l'IGN (2000) - Réalisation : Service études et information géographique de la région Basse-Normandie (novembre 2010)

[3] Source : regioncentre.fr

[4] Source : Insee

[5] Source : Insee-IGN 2010

[6] Source : IGN-Insee

[7] Source : Insee

[8] Source : Insee

[9] Source : IGN-Insee 2012

[10] Source : Insee

Johnny invité à prendre sa retraite par sondage…

Quand Le Parisien pousse jusqu'à l'absurde la frénésie sondagière.

Revenus, inégalités : testez votre commune avec www.comparateur-territoires.fr

A quel niveau se situent les revenus et les inégalités au sein des communes de France ? Le Compas, l'hebdomadaire la Gazette des communes et l'Observatoire des inégalités se sont associés pour lancer une nouvelle application Internet qui permet de dresser un état des lieux pour toutes les communes de France métropolitaine.

www.comparateurterritoires.fr

Une fois la commune choisie, l'application indique le revenu des 10 % les plus pauvres, le revenu médian, celui des 10 % les plus riches et le niveau des inégalités. Ceci pour la commune, le département et la France entière. Cet outil permet de dresser un premier état des lieux des niveaux de vie et des écarts au sein des communes, en les positionnant par rapport aux échelons départementaux et nationaux.

L'application a d'abord vocation à permettre à l'ensemble des acteurs de la vie communale, des techniciens en passant par les élus, mais aussi tous les citoyens de disposer d'un instrument de mesure pratique et simple. Cette application doit alimenter le débat sur les politiques sociales à mettre en œuvre au niveau communal, notamment dans le cadre des élections municipales qui se profilent dans quelques mois.

La méthode :
L'application a été réalisée par le Compas à partir des données de l'Insee sur les revenus de l'année 2010, pour la France métropolitaine et pour une unité de consommation (l'équivalent d'une personne seule), hors impôts et prestations sociales. Pour les communes de petite taille, certaines informations ne sont pas disponibles. Les données présentées sont le premier décile (niveau supérieur des 10 % les plus pauvres), le revenu médian (la moitié touche plus, la moitié touche moins), le dernier décile (niveau inférieur des 10 % les plus riches) et l'indice de Gini. Ce dernier indice compare la situation des revenus dans la commune et une situation d'égalité parfaite. Plus il est proche de un, plus les revenus sont inégaux, plus il est proche de zéro, plus les revenus sont égaux.

Pour en savoir plus :

Notre rubrique territoires Les publications du Compas « Inégalités territoriales : mieux se situer pour affiner ses politiques sociales », Sophie Le Gall, la Gazette des communes.

Réalisez une vidéo pour lutter contre les discriminations

Si tu as envie de réaliser une vidéo sur les discriminations et que tu habites non loin de Montluçon, ou dans les alentours, n'hésite pas à contacter la Mission Locale du Bassin Montluçonnais. A partir du 13 juin, l'équipe t'accompagne dans toutes tes démarches, du scénario au montage, en passant par le tournage.

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site.

Le fascisme tue, ensemble combattons-le ! Appel unitaire à manifestations le 23 juin

Le 5 juin, des militants d'extrême-droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. Ce meurtre nous indigne et nous révolte ; il s'inscrit dans la suite de très nombreuses agressions commises par des groupes d'extrême-droite ces derniers mois. La situation exige des actes forts, permettant de mettre un coup d'arrêt à la propagation de ces idées et pratiques nauséabondes. Dans le respect de leurs différences, les organisations soussignées appellent à s'unir pour rendre hommage (...) - Agenda

Rapport Lescure : du sur mesure pour l'industrie du divertissement

Sauvegarde des intérêts des grands acteurs du secteur et suppression de la Hadopi pour confier ses missions répressives au CSA…

L'inégal accès au bac des catégories sociales

Les inégalités d'accès aux différentes filières

90 % des enfants d'enseignants observés en sixième en 1995 ont obtenu le bac environ sept années plus tard, contre 40,7 % des enfants d'ouvriers non-qualifiés et 27,6 % des enfants d'inactifs, selon le ministère de l'Education nationale (lire l'étude). Les écarts sont considérables selon les milieux sociaux, notamment du fait de l'influence du niveau de diplôme des parents, dans un système scolaire très académique.

Le type de filière empruntée diffère fortement selon les milieux. Parmi les enfants d'ouvriers qui ont eu leur bac, 34 % l'ont eu dans une filière générale, 31 % dans une filière technologique et 34 % dans une filière professionnelle. Chez les enfants de cadres supérieurs, les trois quarts ont eu un bac général, 16 % technologique et 8 % professionnel. Au total, 40 % des enfants d'enseignants ont obtenu un bac dans la série scientifique, contre 4,6 % pour les enfants d'ouvriers non-qualifiés.





Bacheliers d'une génération
Selon la catégorie sociale des parents
Unité : % Tous types de bac (1996)
Tous types de bac (2002)
Bac génér. et technol. (1996)
Bac géner. et technol. (2002)
Bac S (1996)
Bac S (2002)
Agriculteurs70,569,752,853,724,117,7Artisans commerçants57,463,546,053,612,513,4Chefs d'entreprise74,083,965,676,721,729,6Enseignants86,790,684,286,644,840,2Cadres supérieurs87,787,683,984,242,441,0Professions intermédiaires74,076,765,566,621,722,9Employés de bureau59,162,149,750,513,811,0Employés de commerce55,758,839,444,59,710,4Employés de service43,438,029,426,67,02,7Ouvriers qualifiés50,852,937,939,18,78,7Ouvriers non qualifiés42,440,730,427,76,44,6Inactifs29,927,622,117,64,03,7Ensemble61,062,951,052,217,416,6Lecture : 90,6 % des enfants d'enseignants contre 40,7 % des enfants d'ouvriers non qualifiés étaient bacheliers (général et technologique) en 2002.Source : Ministère de l'éducation nationale - Enfants entrés en sixième en 1989 et 1995 L'évolution

Si l'on se place sur la longue durée, de plus en plus de jeunes issus des couches les moins favorisées obtiennent le bac : c'est le cas de près de la moitié des jeunes issus de famille ouvrière nés au tout début des années 1980, contre 10 % de ceux nés dans les années 1950. Au total, près des deux tiers des générations nées entre 1979 et 1982 ont obtenu le bac, contre un peu plus de 20 % de celles nées vingt années plus tôt.

Obtention du bac selon la catégorie sociale et la génération

Source : ministère de l'Education nationale, l'état de l'école (édition 2010)

Ces chiffres doivent être nuancés. Les bac généraux, technologiques et professionnels, qui n'ont pas la même valeur sur le marché des diplômes, ne permettent pas d'accéder aux mêmes formations de l'enseignement supérieur. Les données ci-dessus portent sur le long terme. L'élévation de la part de bacheliers dans les catégories les moins favorisées résulte pour une partie de l'essor du bac professionnel à partir de la fin des années 1980. Dans les années récentes, le taux d'accès au bac a stagné. La part de bacheliers a même baissé chez les enfants d'ouvriers non-qualifiés et d'inactifs dans les années récentes.

Pour mesurer l'évolution des inégalités, nous avons calculé la variation du « rapport de chances » (voir encadré) : cet indicateur mesure le rapport entre la probabilité pour un enfant d'enseignants d'être bachelier plutôt que de ne pas l'avoir à celle des autres catégories sociales. Entre 1996 et 2002, ce rapport s'est accru vis-à-vis de toutes les catégories sociales. En 1996 - génération d'enfants entrés en sixième en 1989 - les enfants d'enseignants avaient 8,9 fois plus de chances relatives d'être bacheliers que les enfants d'ouvriers non-qualifiés. En 2002, c'est 14 fois plus. Vis-à-vis des enfants d'inactifs, le rapport est passé de 15 à 25 fois !

Le mouvement est donc double. D'un côté, la proportion de bacheliers tend plutôt à augmenter dans tous les milieux sur une très longue période. Mais dans les années récentes les inégalités dans la probabilité d'accès au bac se sont accrues entre catégories sociales.



Rapport des chances relatives d'avoir le bac
Entre les enfants d'enseignants et ceux des autres catégories sociales
Unité : % Taux de bacheliers (en %)
1996Taux de bacheliers (en %)
2002
Chances relatives d'avoir le bac par rapport aux enfants d'enseignants en 1996
Chances relatives d'avoir le bac par rapport aux enfants d'enseignants en 2002
Agriculteurs70,569,72,74,2Artisans commerçants57,463,54,85,5Chefs d'entreprise74,083,92,31,8Enseignants86,790,6Cadres supérieurs87,787,60,91,4Professions intermédiaires74,076,72,32,9Employés de bureau59,162,14,55,9Employés de commerce55,758,85,26,8Employés de service43,438,08,515,7Ouvriers qualifiés50,852,96,38,6Ouvriers non qualifiés42,440,78,914,0Inactifs29,927,615,325,3Ensemble61,062,94,25,7Lecture : un enfant d'enseignants a, en 2002, 15,7 fois plus de chances relatives d'avoir le bac qu'un enfant d'employés de service.Source : Calculs de l'Observatoire des inégalités selon les données du ministère de l'éducation nationale Le rapport de chances (« odds ratio » en anglais) calculé dans notre tableau mesure le rapport entre d'un côté la probabilité d'avoir le bac des enfants d'enseignants comparée à celle de ne pas l'avoir, et de l'autre le même rapport pour les autres catégories sociales. On compare entre elles deux probabilités.

Prenons un exemple. Si l'on veut calculer le rapport de chances entre les enfants d'enseignants et d'ouvriers non-qualifiés, on procède de la façon suivante :

Les enfants d'enseignants sont 90 % à être bacheliers. La probabilité qu'un enfant de cette catégorie soit bachelier est donc de 90 % (avoir son bac) divisé par 10 % (ne pas l'avoir) = 9. Dit autrement, les enfants d'enseignants ont neuf fois plus de chances d'avoir leur bac que de ne pas l'avoir. Les enfants d'ouvriers non-qualifiés sont 40 % à obtenir leur bac. La probabilité qu'un enfant de cette catégorie soit bachelier rapportée à celle qu'il ne soit pas bachelier est donc de 40 % (avoir son bac) / 60 % (ne pas l'avoir), soit 0,66. La probabilité inverse (ne pas avoir son bac rapportée à avoir son bac) est de 60/40 = 1,5.

Dit autrement, les enfants d'ouvriers non-qualifiés ont 1,5 fois « plus » de chances (si on peut dire...) de ne pas avoir leur bac que de l'avoir.

Le rapport de chances est la division entre les probabilités des deux catégories d'avoir leur bac contre celle de ne pas l'avoir, soit 9 pour les cadres et 0,66 pour les ouvriers non-qualifiés : 9/0,666 = 13,63 (14 dans le tableau du fait des arrondis).

Photo : DR

La Grèce c’est l’Europe, c’est la France… La Grèce, c’est notre affaire!

Attac -

La Grèce, c’est l’Europe, c’est la France… La Grèce, c’est notre affaire !

Appel de professionnels de l’audiovisuel public (France) à signer ici : https://www.lapetition.be/petition.php?petid=13104

Le lock-out sauvage de l’ensemble de l’audiovisuel public grec et de ses 2 700 salariés piétine l’ensemble des lois, réglementations et recommandations européennes.

Dans le protocole sur l’audiovisuel public annexé au traité européen d’Amsterdam de 1997 qui reprend des éléments de la convention européenne des droits de l’homme et plusieurs recommandations du Conseil de l’Europe, il est très explicitement écrit : « Le système de

l’audiovisuel public dans les États membres est directement lié aux besoins démocratiques, sociaux et culturels de toute société et au besoin de préserver le pluralisme des médias. »

Ainsi, l’existence de l’audiovisuel public, véritable Agora contemporain, est un critère déterminant de la “santé” démocratique d’un pays et une garantie de la liberté de l'information. Le service public d’information en Grèce a toujours été un carrefour essentiel de la vie démocratique. C’est là que les différentes forces sociales, les syndicats, l’Eglise, les jeunes, les partis, les intellectuels… pouvaient trouver un lieu d’expression, en particulier sur la crise historique que traverse le pays.

Tout régime autoritaire, toute dictature a toujours commencé par contrôler l’audiovisuel public pour mieux reprendre en main l’information. La Troïka –l’union européenne, la banque centrale européenne et le FMI- et La dictature des marchés innovent : l’audiovisuel public est tout simplement supprimé !

Comment cela a-t-il été possible en Grèce?

La commission européenne a émis un communiqué dans lequel, malgré toutes les contorsions embarrassées, elle indique que « la décision des autorités grecques doit être comprise dans le contexte d’efforts nécessaires pour moderniser l’économie grecque ». Elle valide les justifications données par le porte parole du gouvernement grec qui justifie le coup de force par la nécessité d’en finir avec « la bureaucratie, le gaspillage, l’inefficacité ».

Ce qui se joue là est grave pour la Grèce, pour les grecs, mais aussi pour toute l’Europe. C’est aussi pour cela que la société grecque dans son ensemble proteste et s’adresse aux peuples de l’Europe toute entière pour s’opposer au coup de force autoritaire mené par le gouvernement grec avec l’aval de la troïka -la CE, la BCE et le FMI- qui exige des plans de rigueur, mettant à genou les grecs et toute la civilisation hellénique.

En conséquence, nous, professionnels des médias décidons de nous adresser à tous nos collègues et plus largement aux citoyens, à tous les démocrates, pour que nos voix s’assemblent.

Tous ensemble, nous décidons de nous adresser aux autorités françaises, au président de la république en premier lieu, aux parlementaires, pour qu’ils fassent entendre leur voix et condamnent sans ambigüité les plans de la Troïka qui aboutissent à une remise en question de la liberté d’expression et de la vie démocratique en Grèce et dans les pays d’Europe et se prononcent pour la constitutionnalisation de l’audiovisuel public.

Jacques Cotta (documentariste France 2), Jean-François Téaldi (rédacteur en chef France télévisions), Pierre Delvaux (France 2), Lionel Thompson (grand reporteur Radio-France), Sabine Mellet (chef d’édition France 24), Elisa Drago (responsable éditorial RFI), Christophe Huber (Arte), Vanessa Poyer (journaliste TV5 Monde), Jean-Marc Surcin (documentariste France 2), Alain Vernon (journaliste France 2), Claude Guez (chef monteur France 2), Marcel Trillat (documentariste télévision publique), Véronique Marchand (grand reporteurFrance 3, secrétaire générale SNJ-CGT France télévisions), Evelyne Goldman (membre bureau national SNJ France télévision), Jean Bigot (producteur de Films-Rouge Productions), François Cortade (grand reporteur France Inter/ France Info), Alain Renon (journaliste RFI), Pascale Boucherie (grand reporteur Radio France), Claude Graton (chef monteur France 2), Vincent Maillard (documentariste France 2), Fernando Malverde (grand reporteurFrance 3 Ile de France), Bertrand Pidance (rédacteur en chef adjoint France Bleu Loire Océan), Pierre Bouchenot (grand reporteur France 3 Orléans), Antoine Thollé (responsable d'édition Radio France-Nantes), Yves Mithout (Chef monteur France 2), Antoine Denéchère (grand reporteur France bleu Nantes-Radio-France), Céline Dupeyrat (journaliste France 3 Pays-de-la-Loire) Sylvie Lecombe (chef monteuse France 2), Claire Chaudière (journaliste Mouv Radio France)

La pauvreté dans les régions

La pauvreté touche plus particulièrement les régions du Nord et du Sud de la France. Le taux est de 19,7 % en Corse, de 19,5 % dans le Nord-Pas-de-Calais, de 19,4 % en Languedoc-Roussillon [1]. La Bretagne, les Pays de la Loire et L'Alsace sont moins touchés avec des taux respectifs de 11,6 % et 11,9 %, taux en dessous de la moyenne de la France métropolitaine qui est de 14,1 %.

Les régions où la pauvreté est la plus élevée sont notamment celles qui connaissent un taux de chômage important (lire notre article Le chômage dans les régions et départements français). Le Languedoc-Roussillon, le Nord-Pas-de-Calais sont dans ce cas. Pour un territoire donné, l'état du marché de l'emploi est déterminant pour le niveau de vie des habitants.

Le seuil de pauvreté étant calculé de façon relative, ou proportionnellement, au revenu médian (autant gagnent moins, autant gagnent plus), il dépend fortement de l'écart entre le niveau de vie des plus démunis et celui des catégories qui touchent ce revenu médian. La pauvreté sera moins forte si les emplois sont relativement homogènes en termes de qualifications et n'entrainent pas de grands écarts de rémunérations. Il est assez logique que les deux régions au plus faible taux de pauvreté - la Bretagne et les Pays de la Loire - soient aussi les régions où les inégalités de revenus sont les moins importantes (lire notre article Les inégalités de revenus selon les régions).



Pour en savoir plus :

Taux de pauvreté dans les régions, Insee, données 2010.

Sur notre site : La pauvreté dans les départements.

Photo / © Marie - Fotolia.com

[1] En utilisant un seuil de pauvreté fixé à 60 % du revenu médian

Taux de pauvreté par région
Au seuil de 60 % du niveau de vie médian.
Unité : % Taux de pauvreté
Bretagne11,6Pays de la Loire11,6Alsace11,9Rhône-Alpes12,3Centre12,4Bourgogne13,1Franche-Comté13,2Île-de-France13,3Aquitaine13,4Haute-Normandie13,7Basse-Normandie13,9Poitou-Charentes14,3Auvergne14,3Midi-Pyrénées14,5Lorraine14,6Limousin15,2Picardie15,3Champagne-Ardenne15,4Provence-Alpes-Côte d'Azur16,3Languedoc-Roussillon19,4Nord-Pas-de-Calais19,5Corse19,7France de province14,3France métropolitaine14,1Source : Insee - données 2010, France métropolitaine

Données selon l'âge

Les données moyennes sur la pauvreté masquent des écarts importants entre catégories. Pour y voir plus clair, il faudrait tenir compte de nombreux paramètres, comme le sexe ou la nationalité notamment. L'exemple des données par âge est, à lui seul, éclairant. Entre 2002 et 2007, le revenu maximum (avant impôts et prestations sociales) des 10 % les plus démunis âgés de moins de 30 ans a baissé de 30 % en Champagne-Ardenne et de 35 % dans le Nord-Pas-de-Calais. Il a progressé de 20 % en Languedoc-Roussillon et de 25 % en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Pour les 50-59 ans, ce même revenu a augmenté partout, de 16 % en Bretagne à 30 % en Rhône-Alpes [1].

Evolution du revenu maximum des 10 % les plus pauvres entre 2002 et 2007 selon l'âge
Unité : % Moins de 30 ans
De 50 à 59 ans
Alsace- 7,918,5Aquitaine5,218,3Auvergne- 2,721,6Basse-Normandie6,321,2Bourgogne2,620,9Bretagne6,915,7Centre- 1,823,5Champagne-Ardenne- 30,122,9Corse4342,3Franche-Comté- 9,920,6Haute-Normandie- 327,3Ile-de-France- 2,717,4Languedoc-Roussillon19,719,7Limousin- 16,717,0Lorraine4,723,5Midi-Pyrénées6,419,4Nord - Pas-de-Calais- 35,218,6Pays de le Loire6,419,4Picardie- 15,119,9Poitou-Charentes- 2,218,5Provence-Alpes-Côte d'Azur25,427,7Rhône-Alpes9,429,7Inflation non déduite. Données avant impôts et prestations sociales.Source : Insee

ALTER SUMMIT : Pour que le berceau de la démocratie n’en soit pas le tombeau !

Attac -

Communiqué de presse

La fermeture brutale de la radio et de la télévision grecques démontre l’urgence d’une inversion radicale des politiques austéritaires en Grèce et en Europe

 

Durant deux jours, ces 7 et 8 juin, des milliers de militant-es et de dirigeant-es de mouvements sociaux et de syndicats, dont un millier venu de 22 pays différents, se sont réunis pour proclamer le « Manifeste d’Athènes » et renforcer la convergence de leurs luttes européennes pour mettre fin à l’austérité et réclamer une démocratie véritable.

Dans les conditions particulièrement difficiles que connaissent la population et les mouvements sociaux en Grèce, ce premier Alter Sommet a permis un message fort de solidarité internationale avec les luttes du peuple grec, et un important pas en avant pour le mouvement social européen.

Le Manifeste d’Athènes Manifeste a été préparé depuis six mois au sein de l’Alter Summit, réseau comptant à ce jour 189 organisations Réseau parmi lesquelles des mouvements féministes, écologistes, alterondialistes, de nombreux groupes de solidarité locale, de précaires et d’indignés, des réseaux d’intellectuels critiques, et un grand nombre d’organisations syndicales nationales ou européennes.

Ce Manifeste constitue doublement une première : pour la première fois, une très large plate-forme syndicale et sociale s’accorde sur une liste limitée de revendications communes et urgentes sur lesquelles concentrer leurs luttes. Et pour la première fois, un important rassemblement européen est convoqué non pas pour élaborer un texte, mais pour construire les stratégies d’action et les rapports de forces sur base d’un texte de consensus longuement préparé. Ce Manifeste montre l’existence d’alternatives, pour une Europe sociale, écologique, féministe et démocratique.

La présentation du Manifeste a été l’occasion d’entendre des messages de soutien d’organisations très importantes, qu’il s’agisse de grandes organisations syndicales, de mouvements de précaires, de femmes, de migrants …

Trois personnalités politiques ont exprimé leur soutien à l’Alter Summit : la députée socialiste autrichienne Sonia Ablinger, l’euro-député vert Philippe Lamberts, et Alexis Tsipras, président de Syriza et vice-président du parti de la Gauche Européenne.

Après la proclamation de cet important Manifeste, 15 assemblées Programme ont travaillé sur la convergence des luttes, le renforcement et l’extension du réseau, et l’organisation d’actions communes. Maintenant les organisations membres vont se saisir de ces propositions et décider lesquelles seront les priorités communes. Parmi les propositions avancées, il y a des actions à l’échelle européenne contre l’austérité et le « Fiscal Pact », contre la politique et le mandat de la BCE, contre la privatisation progressive des soins de santé, contre la montée de mouvements d’extrême-droite, non seulement fascistes mais désormais aussi néo-nazis. Le renforcement des réseaux de solidarité locale est aussi à l’agenda. Et, bien entendu, la réaction urgente à la fermeture brutale de la radio et de la télévision publiques !

La situation tragique à laquelle l’austérité a mené la Grèce montre qu’une toute autre Europe est nécessaire et urgente ; la réussite du rassemblement européen d’Athènes montre que cette autre Europe est possible. La modification des rapports de forces passera par une analyse commune (exprimée par le Manifeste) et par la convergence des luttes locales, nationales et européennes.

Contacts :

Frederic Lemaire, France, frederic.lemaire@altersummit.eu
Roberto Morea, Italy, roberto.morea@altersummit.eu
Natasa Theodorakopoulou, Greece, nathe@syn.gr
Felipe Van Keirsbilck, Belgium, u50fvk@acv-csc.be

 

Le fascisme tue. Ensemble, combattons-le !

Attac -

Le 5 juin, des militants d’extrême-droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. Ce meurtre nous indigne et nous révolte ; il s’inscrit dans la suite de très nombreuses agressions commises par des groupes d’extrême-droite ces derniers mois. La situation exige des actes forts, permettant de mettre un coup d’arrêt à la propagation de ces idées et pratiques nauséabondes.

Dans le respect de leurs différences, les organisations soussignées appellent à s’unir pour rendre hommage à Clément et pour éliminer la haine fasciste.

Confortés par des partis qui reprennent des propos et des pratiques de l’extrême droite, les groupes fascistes refont surface. Les dernières actions contre le mariage pour tous et toutes ont été l’occasion pour eux d’être mis sur le devant de la scène. Nous dénonçons la banalisation du FN et de ses idées xénophobes et racistes.

L’exclusion, le rejet de l’autre, la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l’immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l’histoire en témoigne, conduisent au pire. L’Etat entretient un climat délétère en organisant des expulsions massives qui participent à la stigmatisation des immigré-es et des Roms. Au contraire, il est nécessaire d’agir avec détermination contre les commandos fascistes.

Odieux et inacceptable en lui-même, le meurtre de Clément dépasse le drame individuel. Agressions contre les lesbiennes, bi-es, gays et les personnes trans, contre les immigré-es et les personnes issu-es de l’immigration, les musulman-es, actes antisémites, violences envers des militant-es antifascistes et des organisations progressistes, se sont multipliées dans toute la France comme à travers toute l’Europe. Le mensonge, la haine, la violence, la mort, voilà ce que porte l’extrême-droite, de tout temps et en tous lieux.

Ce n’est pas une question morale ; le fascisme se nourrit des peurs face à l’avenir : 5 millions de chômeurs et chômeuses, 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,5 millions de mal logé-es, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, licenciements, fermetures d’entreprises... Face à l’explosion des inégalités et aux politiques d’austérité, il faut reconstruire l’espoir collectif en une société plus juste. La question de la répartition des richesses que nous produisons est fondamentale. L’extrême-droite est à l’opposé de ces valeurs.

Utiliser la mort de Clément serait méprisable. A contrario, c’est honorer sa mémoire que de dire publiquement et ensemble ses engagements syndicaux et antifascistes, et de poursuivre encore plus nombreux-euses et déterminés-es ses combats pour la liberté et une autre société.

 

Unité contre le fascisme et l’extrême-droite ! Manifestation à Paris, dimanche 23 juin à 15h



Des manifestations seront aussi organisées en commun dans d’autres villes. Nos organisations se réuniront de nouveau après la manifestation : éradiquer la menace fasciste nécessite un travail dans la durée et l’organisation de collectifs locaux. Nos organisations sont différentes, mais elles ont un point commun essentiel : le refus de l’intolérance, du nationalisme, de la haine, et de l’exclusion ; tout le contraire de ce que veut imposer l’extrême-droite !

Le fascisme et l’extrême-droite ne sont pas des courants politiques avec lesquels on dialogue ou on compose. Leur système est basé sur la violence physique, la haine, l’asservissement des peuples.

Premiers signataires (au 13 juin) :

AC !, Act Up Paris, Action antifasciste Paris Banlieue, Alternative Libertaire, APEIS, ATTAC France, CADAC, CEDETIM/IPAM, CGT Educ’action Versailles, CGT Educ’action Créteil, CNDF, CNT, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Collectif CIVG Tenon, CONEX (Coordination nationale contre l’extrême droite), Collectif de Saint Denis contre le FN et l’extrême droite, Confédération paysanne, Convergence et Alternative, DAL, DIDF, EELV, FA, FASE, FASTI , Fédération Anarchiste, FIDL, FSU, Fondation Copernic, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, GISTI, Jeudi Noir, Justice et Libertés, L’appel et la pioche, La Horde, La LMDE, Les Alternatifs, Lesbian and Gay Pride Lyon, Les Debunkers, Marche Mondiale des femmes, Marches européennes contre le chômage, MRAP, Mémorial 98, MJCF, MNCP, M’PEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Pink Bloc Paris, Ras l’Front Marne-la-Vallée, Ras l’Front 38, République et Socialisme, Réseau pour un avenir sans fascisme, SGEN-CFDT Académie de Versailles, SLU (Sauvons l’université), SNESUP-FSU, Solidaires Etudiant-Es, SOS Racisme, Sortir du colonialisme, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, UNEF, Union syndicale Solidaires, UNSP, VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes)…

La pauvreté dans les départements

La pauvreté touche plus particulièrement les départements du nord et ceux de l'extrême sud de la France : on y compte entre 11 et 14,5 % de pauvres [1]. Avec 14,5 % de pauvres en Seine-Saint-Denis, 12,3 % dans l'Aude, 11 % dans le Pas-de-Calais, ces départements se situent bien au-dessus de la moyenne nationale (7,8 %). Cette situation résulte en grande partie des fortes restructurations économiques subies par ces territoires.

Les Yvelines, la Vendée, et la Savoie sont les départements où la pauvreté est la moins forte en moyenne avec des taux respectifs de 4,3 %, 5,2 % et 5,3 %. Cela n'empêche qu'à l'intérieur de ces départements les taux de pauvreté peuvent être très supérieurs pour certains territoires.

La pauvreté ne concerne pas les mêmes catégories de la population suivant les territoires. Dans le Nord, la pauvreté se concentre d'abord dans les grandes agglomérations. En Aveyron, Lozère, Cantal ou Gers, où le taux de pauvreté varie de 8,3 à 9 %, les zones rurales sont les plus marquées et ce sont le plus souvent les personnes âgées, et non les actifs, qui vivent sous le seuil de pauvreté.



La pauvreté par département
Unité : % Taux au seuil de 50 % du revenu médian
Les dix départements où le taux de pauvreté est le plus élevéSeine-Saint-Denis14,5Aude12,3Pyrénées-Orientales12,0Corse11,7Gard11,7Vaucluse11,2Pas-de-Calais11,1Ardennes11,1Hérault11,1Creuse10,9Les dix départements où le taux de pauvreté est le moins élevéFinistère5,8Haute-Savoie5,7Côte-d'Or5,6Essonne5,5Loire-Atlantique5,5Seine-et-Marne5,5Ille-et-Vilaine5,4Savoie5,3Vendée5,2Yvelines4,3Province7,8France métropolitaine7,8Source : Insee - données 2010, France métropolitaine

En savoir plus :

Insee : taux de pauvreté localisés en 2010.

Photo/ © mat75002 - Fotolia.com

[1] Avec un seuil de pauvreté fixé à 50 % du revenu médian. Le revenu médian est celui qui sépare les ménages en deux, la moitié étant située au-dessus, l'autre au-dessous.

Rapport Moreau : une « réforme » irresponsable

Attac -

Après des mois d’un pilonnage médiatique en bande organisée (Medef, Cour des comptes, Bercy, Banque de France…), le gouvernement s’apprête à réduire encore davantage les droits à la retraite. Cette décision s'inscrit pleinement dans le cadre des  « réformes structurelles » néo-libérales et des politiques d’austérité qui dévastent l’Europe et menacent la démocratie. À ce titre, elle est parfaitement irresponsable.

Dans ses recommandations du 29 mai 2013, la Commission demande à la France de "prendre des mesures d'ici à la fin de l'année 2013 pour équilibrer durablement le système de retraite en 2020 au plus tard, par exemple en adaptant les règles d’indexation, en augmentant encore l'âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein et en réexaminant les régimes spéciaux, tout en évitant une augmentation des cotisations sociales patronales".

Ces mesures composent le menu du rapport remis par Mme Yannick Moreau, dans lequel le gouvernement va puiser pour préparer le projet de loi qu'il présentera dès septembre au Parlement, sans laisser le temps au large débat citoyen qu'une telle réforme mériterait.

La réforme vise à ramener le déficit public à 3% du PIB d’ici à 2015 en comblant le déficit de 20 milliards des régimes de retraite.

Mais d'où vient ce déficit, trois ans à peine après la dernière réforme ? Aucunement de la démographie, et entièrement de la récession.

 Et cette récession, d'où vient-elle ? Précisément, des politiques d’austérité menées depuis trois ans en Europe par les gouvernements et la Commission. Cette nouvelle réforme contribuera à nous enfoncer encore davantage dans la dépression.

Dans de nombreux pays d’Europe, notamment au Sud, des réformes répétées des retraites ont réduit drastiquement les pensions, reculé l’âge de la retraite, paupérisé les retraités, contraint les seniors à rester sur le marché du travail dans des conditions dégradées, tandis que le chômage des jeunes a explosé.

Dans de nombreux pays d'Europe la montée du chômage et des inégalités renforce les courants de droite extrême et d'extrême droite et menace la démocratie.

Le gouvernement ne peut donc ignorer l’impasse dans laquelle il engage les salariés, les retraités et toute la société. Il ne brandit la rhétorique de l'« équité » que pour opposer les salariés du privé à ceux du public et désarmer ainsi les résistances.

Mais où est l'équité ? Dans la dégradation parallèle des pensions du public et du privé par la désindexation et par des mesures fiscales contre les retraités ? Dans l’allongement de la durée de cotisation qui va une nouvelle fois dégrader les retraites des femmes, de ceux qui ont eu des carrières courtes ou discontinues comme les chômeurs et les précaires, des jeunes générations qui entrent plus tardivement dans l’activité professionnelle ?

Pour desserrer l’étau de la machine à interdire la pensée, nous avons besoin de démocratie, de débats politiques, nous avons besoin de mobilisations qui tracent un autre avenir que la désespérance dans laquelle nous enferment les politiques d’austérité et qui ne peut que mal finir. Ce n'est pas d'une réforme des retraites que nous avons besoin aujourd'hui, mais d'un sursaut décisif contre le chômage et les inégalités. Ce sera au mouvement social et citoyen de l'imposer, et Attac prendra ses responsabilités pour y contribuer.

Attac France,
A Paris le 14/06/13

Accords de libre échange UE/USA... Les lobbies n'ont pas à décider de notre avenir !

Attac -

La différence entre l’alimentation en Europe et aux Etats-Unis est le résultat de mobilisations syndicales, associatives et citoyennes. Consommateurs, paysans, salariés, ont réussi à éviter les OGM, les viandes aux hormones, les poulets désinfectés au chlore, les animaux clonés... et leurs conséquences sur nos quotidiens. Ce sont ces années de combat de la société civile qui, discrètement, pourraient être balayées : ce vendredi 14 juin, le Conseil de l’Union va donner mandat à la Commission Européenne pour négocier les accords de libre-échange Etats-Unis/Union Européenne.

En agitant l’épouvantail de la récession, on nous explique qu’il faut commercer plus librement avec les Etats-Unis, et donc accepter leurs conditions du libre-échange. Il s’agit surtout de justifier la pression des multinationales des deux continents qui se frottent déjà les mains.

Les négociations pour ce « partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement » ne font que commencer. Nous, organisations de la société civile française, affirmons qu’aujourd’hui, comme hier, nous serons mobilisées pour ne pas laisser passer ces accords.  L’Union européenne doit répondre aux attentes des citoyens, pas à celles des multinationales.

Critique des médias sur le web (avril-mai 2013)

La presse spécialisée dans les jeux vidéo, l'influence de la communication, la dépolitisation des émissions politiques, les problèmes des médias avec eux-mêmes, l'exploitation des stagiaires, le sexisme…

Alter Summit - Communiqué de presse : Pour que le berceau de la démocratie n'en soit pas le tombeau !

La fermeture brutale de la radio et de la télévision grecques démontre l'urgence d'une inversion radicale des politiques austéritaires en Grèce et en Europe Durant deux jours, ces 7 et 8 juin, des milliers de militant-es et de dirigeant-es de mouvements sociaux et de syndicats, dont un millier venu de 22 pays différents, se sont réunis pour proclamer le « Manifeste d'Athènes » et renforcer la convergence de leurs luttes européennes pour mettre fin à l'austérité et réclamer une démocratie véritable. (...) - Europe

Communiqué commun - Accords de libre-échange UE/USA : les lobbies n'ont pas à décider de notre avenir

COMMUNIQUE DE PRESSE La différence entre l'alimentation en Europe et aux Etats-Unis est le résultat de mobilisations syndicales, associatives et citoyennes. Consommateurs, paysans, salariés, ont réussi à éviter les OGM, les viandes aux hormones, les poulets désinfectés au chlore, les animaux clonés... et leurs conséquences sur nos quotidiens. Ce sont ces années de combat de la société civile qui, discrètement, pourraient être balayées : ce vendredi 14 juin, le Conseil de l'Union va donner mandat à la (...) - Ecologie sociale

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